Formée aux arts appliqués en design de mode et textile à l’ESAA Duperré, puis aux Beaux-Arts de Paris en section peinture, je développe un travail d’artiste plasticienne, en émerveillement constant face aux possibilités des différentes techniques que je rencontre : vidéo, costume, gravure, céramique ou dessin … Ma démarche n’exclut a priori aucun médium.
Inspirée par les trésors des arts populaires et biberonnée à l’histoire de l’art occidental, je crée des images elliptiques, chargées de sens, souvent figuratives, des vêtements rituels et des objets symboliques, aux motifs naïfs ou sophistiqués, dans une démarche de recherche du sensible et de l’émotion.
J’accompagne depuis plus de vingt ans des metteurs en scène, des professeurs des écoles, des responsables institutionnels, dans la réalisation artistique de leurs projets.
Je me déplace pour donner des ateliers, et j’accueille également du public au sein de VIVE, mon lieu de travail à quelques km de Nantes, qui est aussi l’aboutissement d’une vision globale de mon processus créatif.
Bio
Née en 1979 à Chartres, je passe mon bac à 16 ans en lointaine banlieue parisienne, verte et tranquille, et entre à l’école supérieure des arts appliqués Duperré, à Paris. Diplômée en design de mode en 1999, je pars, à 20 ans, en Inde effectuer plusieurs stages dans des bureaux de style à New-Delhi et Amhedabad, dans le Gujarat. Je dessine beaucoup, visite usines et ateliers de confection, traverse le pays en train pour retrouver des amis du Kerala qui ont fondé une troupe de danse contemporaine, Samudra.
De retour en France, je passe le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris, et entre en 3ème année en section peinture, dans l’atelier de Sylvie Fanchon. Ce seront des années riches de rencontres et de découverte, mais aussi de difficultés à trouver ma place au sein de l’établissement.
C’est l’époque de l’émergence du nouveau cirque ! Le spectacle « cirque clandestin » des Frères Kazamaroffs à la Grande Halle de la Villette m’enthousiasme profondément. Avec mes camarades d’arts appliqués Sophie Azambre Le Roy et Jérémie Legroux, nous décidons de créer notre propre compagnie de théâtre de rue, la Toute Folle, et ferons naitre entre 2000 et 2009 des créations tout terrain (le Tout Orchestra, Spectacle indescriptible, les épluchures, les monstres d’Albert, les cabarets dézingués…). Je découvre le plaisir du jeu et de la mise en scène, la scénographie et la création de costumes, les décors et les accessoires, ainsi que la vie de tournée. Je deviens intermittente en 2003.
La création de costumes me permet de travailler pour de nombreuses compagnies de spectacle, de danse ou de rue. En 2007, je découvre le principe de la coupe en un seul morceau développé par Geneviève Sevin-Doering et me forme à Marseille à ses côtés.
Musicienne autodidacte, j’élabore avec Sophie Azambre Le Roy un répertoire de chansons pour le duo voix-accordéon « les Nuisances Sonores » qui donnera lieu à la sortie de l’album « de la Patate » en 2004 et à la formation d’un quintette. Pendant dix ans nous écumons les bars et les théâtres alternatifs de la capitale (le Goumenbis, le Cabaret Sauvage, le Glaz’art, le Studio de l’Ermitage, la Reine blanche, le Réservoir…) puis les festivals (Aurillac, Île d’Yeu, Tulle, Corrèze…).
La rencontre avec Nathalie Bentolila et Enrique Morales de la compagnie des Infatigables Navigateurs m’incite à approfondir ma démarche de plasticienne et la pratique de la scène.
Je chante depuis 2005 au sein du Bringuebal, collectif parisien de chanteurs et musiciens. En 2019 je produis un disque solo, « une chaleur dans la paume« , réalisé par Laurent Komlanvi Bel.
En 2004, nous fondons avec, entre autres, Alice Laroche, ma camarade au sein de l’atelier Rouge Manufacture, « Les Pépins », association de jeunes artisans et designers contemporains parisiens. Dans le même temps, j’expose des carnets de croquis auto-édités lors de rencontres à Brest et Clermont-ferrant. Le peintre Jean-Yves Simon m’invite à rejoindre les « Carnetistes tribulants » qui regroupe des illustrateurs et des peintres, et je participe au livre collectif « banlieue nomade » en 2005.
J’habite alors Aubervilliers. En 2009, je fonde « Albert, le collectif », réunion d’artistes engagés dans la diffusion de l’art en banlieue. Le duo Savon Tranchand m’invite à réaliser un clip : je découvre le film d’animation. La compagnie de théâtre Grizzli remarque mon travail et me propose de réaliser des vidéos pour les spectacles « Tout allait bien » en 2013 et « le garçon à la valise » en 2020.
Toujours attirée par la scène, je rencontre Agnès Limbos de la Cie Gare centrale au pôle international de la marionnette de Charleville-Mézières en 2010 et découvre avec elle le théâtre d’objet et ses possibilités d’expression.
En partance pour Nantes où je m’installe, j’intègre le collectif des Exploratrices, artistes textiles, et réalise un film d’animation pour le BHV.
La découverte de la gravure à l’atelier Pointe Douce, près de Nantes, est un élément fondamental de ces années nantaises. Avec cinq autres femmes artistes, nous créons en 2012 le Collectif Gravissime, qui s’amuse du dialogue et des contraintes créatives pour faire naitre de nouvelles images gravées. Ce formidable espace de jeu me permet également de me former à l’eau-forte et l’aquatinte, puis à la lithographie au Musée de l’Imprimerie de Nantes.
En 2021, je commence à pratiquer la céramique en loisir, et me passionne bientôt pour cet art exigeant. J’apprends les rudiments du modelage et du tournage à l’atelier Koyot Kraft et continue de me former de façon autodidacte.
Pendant toutes ces années, j’ai transmis et partagé mes connaissances, en donnant des cours de couture et de dessin, en concevant des stages et des workshop autour de la vidéo, du textile ou des arts plastiques.
Aujourd’hui, l’ouverture de l’atelier VIVE est une invitation à remettre encore et toujours la création au centre, de faire lien, d’offrir des ouvertures sur d’autres pratiques et d’autres artistes, de poser mon regard et mes gestes dans un lieu dédié, au coeur de ce sacré tourbillon qu’est la vie !
